A quoi va ressembler le prof du 21 ème siècle? – blog

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Il est à peu près acquis qu’il ne sera pas un simple clone numérique. Les apprentissages, en particulier avec des jeunes nécessitent du contact direct, des échanges, de l’interactivité. Une fois dit cela, on n’a pas beaucoup avancé. Peut-il vraiment être autre chose qu’un prof de la fin du 20 ème siècle? En tout cas, il me semble que cela ne serait pas plus mal. Nous atteignons les limites du système actuel et du prof « traditionnel ». Il ne s’agit pas d’exonérer les enseignants de leurs responsabilités, ni de leurs conformismes ou tentations de continuer comme avant. Néanmoins, il faudra en finir avec la fiction laissant supposer que nous préparons tous les élèves à l’excellence. Si on remet en question l’évaluation chiffrée, si redoubler devient un privilège, cessons d’imposer des programmes laissant supposer que la vocation de tous est de pouvoir prétendre aux formations les plus sélectives. Pourquoi pas diversifier les parcours des élèves et s’appuyer sur des aides comme les MOOCS ou sur la pédagogie inversée qui n’est pas la panacée? Encore faut-il que les contenus à assimiler restent raisonnables. Un expert de l’OCDE affirme que la France fait fausse route. On serait trop obnubilés par le souci suivant: les élèves doivent montrer ce qu’ils savent, alors qu’aujourd’hui, il faut montrer ce qu’on sait faire grâce à ses savoirs. Le prof pourrait devenir un guide, un orientateur, « un facilitateur d’apprentissages », parfois un répétiteur, mais on ne me fera pas croire qu’on y arrive dans des classes à 30 élèves et plus. Les profs de langues avec des horaires en lycée diminués, et leurs 6, 7 ou parfois 8 groupes se sentent parfois autant animateurs que vraiment professeurs. Avec des élèves et parents d’élèves qui trouvent normal de multiplier les activités extrascolaires, de passer beaucoup de temps sur les portables au détriment d’un travail d’apprentissage traditionnel, et qui contestent souvent l’autorité des enseignants, moins de frontal, moins d’évaluations couperet peut être tentant. Il n’empêche que dessiner les contours du nouveau prof n’a pas grand sens, si on ne définit ce qu’on veut que soit l’Education nationale. Doit-elle être un outil de promotion des talents dans une logique méritocratique? Un lieu de vie et d’épanouissement des individus? Ou osons le dire, une école qui anesthésie les rapports sociaux et légitime les inégalités culturelles sociales et économiques? J’ai la conviction que compte tenu d’avantages objectifs de ce métier [ sécurité de l’emploi, une certaine qualité de vie] , ce sont les incertitudes qui pèsent sur son devenir qui expliquent pour une bonne partie la crise de recrutement plus que les seules considérations salariales déjà évoquées ci. Les profs d’aujourd’hui doivent aider leurs collègues de demain, non pas en refusant les évolutions , mais en ne surfant pas sur les vagues démagos. Je rejoins le psychologue D Pleux (dans « les 10 commandements du bon sens éducatif, émission du 12/10) qui dit que si hier, pas mal d’élèves souffraient d’une « carence affective, aujourd’hui ils souffrent d’une carence éducative ». Il ajoute qu’hier, il devait essayer de réparer beaucoup « d’ego brisés », et du coup, on a fini par ne pas voir qu’on fabriquait des générations » d’ego hypertrophiés ». Les parents doivent comprendre que la plupart du temps, si des élèves s’ennuient, s’agitent, ce n’est pas parce que ce sont des hyperactifs géniaux, mais parce qu’ils ont pris de mauvaises habitudes. Les parents doivent nous aider à les préparer au principe de réalité, et aux contraintes et frustrations qu’il faut apprendre à surmonter. Claude Garcia, professeur de SES Source : http://enseigner.blog.lemonde.fr/2014/10/14/a-quoi-va-ressembler-le-prof-du-21-eme-siecle/

Publié le 15 octobre 2014 | | Laissez vos commentaires

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