Ils écrivent le roman de leur famille

ecrire un journal

Aujourd’hui un article a retenu l’attention de Charlotte notre nouvelle stagiaire. C’est un article sur le roman de famille dont voici des extraits que je vous laisse découvrir. Un grand merci à Denis Peiron, article de La Croix du 3 janvier 2017 dont vous pouvez lire l’intégralité 

« Qu’il s’agisse de revisiter sa vie, de transmettre un patrimoine humain ou de faire œuvre littéraire, beaucoup ressentent le besoin d’écrire leur histoire familiale. »

Transmettre sur des histoires de famille peut se faire oralement. « Les personnes qui sautent le pas de l’écriture ont souvent été marquées par une rupture, éprouvent une souffrance ou en tout cas poursuivent une quête », relève Sylvie Faujanet, psychopraticienne qui co-anime à Paris des groupes de parole autour de ce thème. Elles écrivent, poursuit-elle, pour « comprendre, éclairer, combler ». Se lancer dans cette aventure permet parfois de lever des zones d’ombre ou de comprendre pour « mettre à distance des événements (suicides, accidents) qui se sont reproduits de génération en génération et ainsi ne plus transmettre inconsciemment ces fantômes familiaux ». A chaque personne de savoir ce qu’il advient de son ouvrage.

D’autres démarches peuvent s’avérer plus ludiques à travers une recherche de généalogie ou plus littéraires ou historiques. Dans ce cas la saga familiale utilise la vie familiale dans un contexte historique. Claude Gutman a réunit toutes les démarches puisqu’il a placé l’histoire des sa vie à partir de sa naissance en Palestine sous mandat britannique, son immigration en France à l’âge de 6 ans, le divorce de ses parents, le poids du secret lié à l’interdiction de dire qu’il était juif et sa mère restée en Kibboutz. De quoi nourrir vis à vis de ses proches de sincères ressentiments. Au fil de son œuvre, Claude Gutman a tenté de comprendre ses origines et particulièrement l’origine de ses colères. Que serait devenu Claude Gutman s’il n’avait pas écrit ses livres : Fou ? peut-être, se hasarde-t-il. Revisiter le passé familial m’a permis, peu à peu, de lui donner une autre couleur. »

« Lorsque j’écris, je pense souvent à mes enfants » Nicolas

Christine Ulivucci, psychanalyste et psychothérapeute, explique que cette démarche doit être une envie ou un besoin proprement personnel de l’auteur. Il ne doit pas y avoir de quelconque pression extérieure de la part d’un individu proche ou lointain. Avoir une histoire familiale, une lignée, une filiation. Selon elle, la mise sur papier peut apporter un sentiment de sécurité grâce à la place affirmée que l’auteur se crée dans sa famille. La transmission orale est essentielle mais écrire présente l’avantage d’une nécessaire introspection.

Quelques repères pour recourir à un biographe :

  • Il existe environ 1000 biographes officiels en France, certains sont donc plus compétents que d’autres. Toujours évaluer ce qu’un biographe a publié pour vérifier ses capacités rédactionnelles.
  • Aucun diplôme n’est requis. Toutefois une formation en psychologie ou dans le social s’avère toujours précieuse.
  • Les prix varient mais il faut compter en moyenne 2500 euros pour 12 à 15 heures d’entretien. Le nombre d’exemplaires est souvent compris entre 10 et 50.

Quelques repères littéraires :

  • Souvenirs d’enfance de Marcel Pagnol
  • Vipère au poing Hervé Bazin
  • Le livre de ma mère Albert Cohen
  • Des gens très bien d’Alexandre Jardin

D’autres textes en lien avec cet article :

  • Les traces écrites du passé sont un trésor
  • L’influence de nos ascendants sur notre vie
  • Ainsi qu’un document sur les tragédies en héritages à écouter sur France Culture.

Le regard de Quokka :

Le journal intime, le carnet de notes, sont ils des pratiques perdues ? Pas vraiment puisque le Bullet journal fait fureur ! Il semble que la mise sur papier de ses émotions, de ses perceptions, continue de s’imposer comme une pratique aux vertus thérapeutiques incontestables, pour les parents comme pour les ados.

En espérant que cet article vous offrira une belle réflexion.

Publié le 12 février 2017 | |

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