Oui, ils aiment le lycée pro

lycée pro

Heureux d’être en bac pro, c’est possible, selon l’étude de l’Afev, une association qui lutte contre l’échec scolaire. Les lycéens que nous avons rencontrés à Orléans confirment.

Rieurs mais pas chahuteurs, les 32 élèves de terminale service de proximité vie locale (SPVL), au lycée professionnel

Paul-Gauguin d’Orléans (Loiret), un établissement propret de 800 élèves, attendent debout les consignes de leur professeur principal, Colette Marteau. Au programme, la présentation de l’Afev (Association de la fondation étudiante pour la ville) qui offre un accompagnement individualisé à des jeunes dans les quartiers populaires et a signé une convention avec Paul-Gauguin.

Dès aujourd’hui, alors que se déroule la journée du refus de l’échec scolaire, organisée par l’Afev et qui met en lumière les lycées professionnels, six jeunes en service civique viendront épauler des élèves deux heures par semaine. Ils les aideront à trouver un stage, crucial en cette dernière année de lycée, donneront des conseils d’organisation ou les guideront pour y voir plus clair pour leur future orientation. Et ce n’est pas du luxe !

“Je ne savais pas ce que c’était, mais pour finir, ça m’a plu” Boramy prépare un bac service de proximité vie locale

Mariam, Pauline, Morgane, Ali ou Boramy, comme la plupart des élèves de la classe, sont enthousiastes, finalement fiers d’avoir suivi cette formation que tous n’ont pas choisie… Mais ils ne sont qu’une quinzaine à avoir une petite idée de ce que sera leur avenir.

Ce qu’ils veulent, bien sûr, c’est décrocher leur bac et égaler leurs prédécesseurs : 100 % de réussite en juin et des mentions en nombre ! « Je vais bosser », promet le jovial Ali, mal orienté vers un bac pro électrotechnique avant de bifurquer vers cette formation « dans le social, comme ma sœur. » C’est vraiment ce qu’il voulait, a-t-il découvert au fil de sa formation. Pour la suite, ce sera « le concours d’éducateur spécialisé, ou un BTS, je ne sais pas encore ».

Boramy ne sait pas non plus. Lui qui voulait « faire un bac L », puis, faute de bonnes notes, un bac pro accompagnement et soins à la personne, puis faute de place, un bac métiers de la mode… s’est retrouvé en service de proximité vie locale. « Je ne savais pas ce que c’était, mais pour finir, ça m’a plu », dit ce champion de l’adaptation. Roudelie, championne de France juniors de
judo, a trouvé son équilibre à Orléans. Elle a quitté Paris et une seconde générale pour la section sport- études judo de Paul-Gauguin et un bac pro, où elle se sent visiblement bien. Entre ses deux passions, elle hésite encore : des études de sport ou un BTS social. Loïs, lui, est un des seuls à avoir un rêve bien précis. Son deuxième rêve. Le premier, être journaliste, s’est fracassé en seconde générale : « Trop de liberté, pas de travail et 7 de moyenne », résume-t-il. Alors, comme ses parents, il veut « travailler dans le social ». Sérieux, l’ex-dilettante « vise la mention bien, un DUT carrières sociales dans l’animation » et veut devenir « éducateur spécialisé ».

Laurianne, 18 ans, fait figure d’exception. Elle est une des rares à avoir trouvé sa voie très tôt. Elle a d’abord fait un BEP services à la personne avant d’arriver à Paul-Gauguin, en première. Elle n’attend plus que son diplôme pour enfin entrer dans la vie active : « Je vais commencer à faire des demandes dans des centres sociaux. »

VÉRONIQUE MARIBON-FERRET Publié le 25.09.13  par Le Parisien

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Publié le 25 octobre 2013 | | Laissez vos commentaires

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